Sémiotique visuelle

Triangle sémiotique : l’identification des signes iconiques

En tant que designer d’interface vous vous êtes sûrement déjà demandé pourquoi l’icône que vous aviez conçu n’était pas compris ! Le signe et la stylisation vous semblez compréhensible… Comment expliquer que certains signes soient compris et pas d’autres ? Quel est le mécanisme d‘identification des signes iconiques ? Ce sont les questions auxquelles nous répondrons dans cet article 🙂

Définition

Le Groupe µ propose une définition du signe iconique à travers un triangle sémiotique mettant en relation “référent”, “signifiant” et “type”. Le signe iconique est le produit de cette triple relation. Ce modèle permet à la fois de décrire sa production et sa réception. Pour l’illustrer, nous prendrons l’exemple d’une maison, elle va constituer notre “référent”. Un référent n’est pas nécessairement concret, il peut aussi être abstrait.

Référent / signifiant : une relation de transformation

Le signifiant peut être défini comme une représentation de l’objet : c’est le signe iconique. Nous décidons de réaliser l’illustration d’une maison. Cette étape opère une transformation de l’objet vers sa représentation. Pour réaliser cette transformation, le graphiste dispose de l’échelle d’iconicité ainsi que des signes plastiques.

➔ Pour aller plus loin
Degré d’iconicité : les différents types de représentation

➔ Pour aller plus loin
Les signes plastiques en sémiologie visuelle

Various small tiny houses, trees and mountains by Dariia (Adobe Stock)

Référent / type : une relation de stabilisation

En tant qu’être humain, nous percevons le monde et construisons des modèles pour mieux le comprendre. Le type correspond au modèle mental de l’objet réel. Ce modèle stocké en mémoire est constitué de connaissances, de souvenirs et d’expériences relatives au référent. Ce processus de stockage en mémoire s’appelle la “stabilisation“.

Quelle représentation mentale avons-nous d’une maison ? De manière générale, une maison est un bâtiment (classe conceptuelle) possédant un toit, 4 murs, une porte et/ou plusieurs fenêtres (type). Le type est stable et durable dans le temps, c’est le point de référence pour évaluer la conformité.

Signifiant / type : une relation de reconnaissance

L’illustration “maison” (signifiant) possède des propriétés communes avec le modèle mental de l’objet (type). La reconnaissance se fait car la représentation est conforme au “type” autrement dit signifiant et référent entretiennent des rapports de conformité avec un même modèle. Notre illustration est identifiée et interprétée correctement.

Pour résumer

RéférentClasse conceptuelle à laquelle appartient l’objet
TypeModèle mental (ensemble de caractéristiques)
SignifiantReprésentation de l’objet (signe iconique)

L’identification et l’interprétation d’un signe iconique dépendent de plusieurs facteurs : le tracé, le contexte ainsi que le “bagage cognitif” de l’individu. Ce bagage est composé de connaissances empiriques et culturelles ainsi que d’expériences personnelles acquises au cours de la vie. Étant propre à chaque individu, il peut influencer l’interprétation du signe.

La mauvaise identification d’un signe iconique peut entraîner une interprétation erronée. Les pictogrammes de sécurité que l’on retrouve sur divers packaging illustre parfaitement cette problématique. L’Institut National de Recherche et de Sécurité a mis en place un test permettant d’évaluer l’interprétation de ces pictogrammes auprès des individus. Il s’agit d’un bon moyen pour concevoir des signes iconiques efficaces !

Sources :

Le statut du signe iconique entre iconicité et intertextualité
par Pascal Vaillant, Emmanuelle Bordon

Typologie des structures du signe : le signe selon le Groupe μ
par Louis Hébert

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